Le bon vieux temps

Il est sept heures moins le quart du matin sur la ville des milles et en ce début de mois d’août, il fait encore frais le matin mais l’horizon doré promet une journée surement ensoleillée. Et comme le soleil, la ville s’éveille tranquillement dans les petits pas pressés des travailleurs matinaux, les marchands qui déballent et dévoilent nos besoins de la journée et le ronronnement timide des premières voitures qui arpentent déjà les artères de la grande cité.
Il plane dans l’air une telle sérénité, le calme… avant le tempête du train train quotidien du malgache.Et pendant ce bref instant, tout le charme de la ville semble surgir des vieux bâtiments d’époque dont la beauté nous laisse tellement indifférent, tant nous sommes happés par la routine.
Je longe la rue d’Antaninandro pour rejoindre les quartiers d’Ambondrona. De part et d’autres de la rue, des maisons traditionnelles qui trônent fièrement, d’autres qui font résistance et d’autres qui se laissent docilement gagner par le vent de la modernité dans les travaux de réhabilitation. Des trésors d’architectures marquant le passage, jadis de la belle époque de la ville.Ce sentiment est doublement conforté lorsque j’arrive au sommet de l’escalier d’Ambondrona. Une vue sur une partie du grand marché de l’ancien Zoma, les toitures et spécialement sur l’escalier d’Antaninarenina s’offre au regard. Soudain ; une vague de souvenirs des belles photographies de l’ancien temps en noir et blanc m’envahit et je me dis :  » Dieu! Qu’elle était belle ma ville ! « Et plus je descendais ces escaliers, plus j’avais l’impression de m’engouffrer dans ces souvenirs comme je m’engouffrais dans le brouhaha naissant de la ville. E t comme si cela ne suffisait pas, à même le sol, vieilles machines à écrire, vinyles, de vieux combinés de téléphones, agrémentés par ci par là de vieux magazines et de chaussures s’ajoutaient inopinément à ma vague de souvenirs. Qu’avaient pu écrire ces vieilles machines à écrire sous la frappe de leurs anciens maîtres ? Quelles soirées chauffaient ces vinyles ? Et quels sentiers piétinaient-ont avec ces chaussures ? … Une belle époque surement !
Cette fois-ci je ne pus m’empêcher de dire que ma ville est belle et qu’avec un peu d’exercice de mémoire et d’attention, l’on ne décèle pas qu’amoncellements d’ordures et pollution. Ou peut-être faut-il se lever tôt pour qu’on s’en aperçoive ? 😀
Car…Dès 8h30 du matin, c’est une autre histoire…
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